Ocelloscope

Aie, surprenant ce deuxième thème : une image. Aie, moi qui ne lis et n’écris que des lettres, du noir linéaire. Cette fois-ci, du 2D, des couleurs.
Bon, comme ça, pas d’obstacle de langue, de langages, de style. Une image : sensation à l’état but.
Et puis, quelle image ! Des rails, OK, un talus, OK, un homme avec un chapeau… Mais qu’est-ce qu’il fabrique ? Zoom sur l’image, ce n’est pas plus clair. Non, non, non, il va falloir se lancer. C’est parti !

« Acheté à la foire de mon village, le vieux m’avait assuré que cet appareil, l’ocelloscope, servait à viser l’horizon marin. Pour peu qu’on le pose sur une surface plane et horizontale, lorsque le ciel et la campagne sont dégagés, il suffisait de le faire tourner sur 360° pour trouver dans quelle direction était le bout de l’océan.
Moi, je veux bien, mais ce que je cherche c’est le début de l’océan. Peut-être va-t-il fonctionner quand même ? Et si je trouve le début, les pieds dans l’eau, je devrais bien trouver l’autre bout, l’horizon.
L’ocelloscope en main, où vais-je le poser ?
Va-t-il se plaire en haut de la selle de mon âne ? Non, pas assez stable.
Sur la margelle du puits ? Ah, j’ai peur qu’il n’en vise le fond.
Chez Jean-Marie, au bistrot du village ? Trop risqué, je finirai peut-être noyé dans mon verre.
Et puis, c’est mon rêve à moi, voir l’océan. Je ne le partage pas, pas encore. Il est tout petit, je le protège pour ne pas le perdre.
Et si j’allais là-bas, à quelques détours du village, sur la voie ferrée ? Là-bas, il n’y a pas d’arbre, la vue est dégagée. Là-bas, les rails sont solides, ils m’inspirent confiance. Plus d’hésitations…
Ocelloscope, ami, dis-moi où est la mer s’il te plait ? »