Un élu récalcitrant

Un élu récalcitrant, 2 mots que je connais mais dont je ne suis pas tout à fait sure de la définition ou de ses variantes.
Un élu : ok, élu, choisi par mon cœur, par les citoyens, par l’état, par Dieu….
Récalcitrant ?
Ben tiens, deux élus font causette sur le quai. Forte de mon investiture weekly, je leur pose la question. « Qu’est-ce que c’est pour vous un élu ré…..fractaire ? ».
Le tour est joué, mes neurones ont court-circuité : récalcitrant – réfractaire, je me suis trompée. Alors même si d’aucun considère qu’il s’agit d’un hors-sujet, attendez : quelle richesse, le monde des réfractaires ! Car ce mot est porteur d’Histoire même si pour moi récalcitrant – réfractaire se jouait jusque-là seulement dans le même champ lexical.
« Un réfractaire ? Mais il y a justement ici, dans le village, le président des réfractaires de France ! ». Et c’est ainsi que je plonge dans l’histoire de Paul Besnier, 92 ans, élu à 20 ans par le gouvernement de Vichy pour aller travailler en Allemagne, obligatoirement. Elu par son propre état comme des centaines de milliers d’autres jeunes pour donner sa force, ses mains à l’état occupant. Elu ou plutôt réquisitionné, ordonné, contraint. Alors qu’à fait Paul, il a dit Non, il s’est opposé, il s’est rebellé, il a fui, il a choisi une autre voie, celle des Réfractaires, vivant dans le danger mais soutenu par d’autres citoyens, eux aussi en danger. D’élu, il est devenu hors la loi, jusqu’à ce que la France soit libérée. Belle leçon d’histoire !
Telle est peut-être encore aujourd’hui la destinée des élus récalcitrants, ceux qui n’acceptent pas une décision malveillante ou dépourvue de bon sens : la mise au ban, le temps de…, le temps que…. Merci à eux.