Une page libre

Une page blanche dans mon cahier, entre du déjà écrit, ancien, et du déjà écrit, plus récent.
Une page libre.
Celle qui n’a pas été sagement remplie, de manière ordonnée bien que répondant au hasard des envies.
Une page oubliée.
Et le cahier s’’ouvre sur elle. Aimant. Possibles.
Une page ouverte.
Comme celle du jour où l’agenda est oublié. Comme cellle de la journée où les rendez-vous sont annulés.
Une journée vide.
Et monte une sorte d’angoisse. L’angoisse, la même que celle de la page blanche. Qu’écrire ? Que faire ?
C’est comme un interstice, un entrebaillement, une faible lueur. Comme un grain qui vient faire grincer la porte, les rouages.
C’est une proposition ouverte. C’est refermer les habitudes. C’est changer le programme. C’est annuler tout. Ouvrir la porte en grand. Dire Oui. Prendre le risque de se retrouver seule et faire avec soi, juste soi, entièrement soi.
C’est une page qui restera cornée à jamais de lui avoir tourné autour, rejetée, embarrassée, remerciée, vilipendée.
C’est une journée mémorable par son vide, par ses inconnues, par sa joie, par sa mélancolie.

C’est une journée de ma vie.
C’est une page de mon cahier.